IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Le Chien du jardinier
ŒUVRE N° 2075 — THÉÂTRE — ESPAGNE — 1618

Le Chien du jardinier

1618 · Pièce de théâtre · Lope de Vega
Une comtesse, jalouse de sa servante, ne veut ni aimer son secrétaire, ni le laisser aimer une autre.
Pourquoi le lire — À Naples, la comtesse Diana de Belflor s'éprend de son secrétaire, Teodoro, mais refuse de l'épouser, car il est de condition inférieure. Elle lui interdit en même temps d'aimer la servante Marcela, dont il est amoureux, et se montre jalouse tout en le repoussant. Le titre vient du proverbe : le chien du jardinier ne mange pas les choux et n'en laisse pas manger. Lope de Vega en tire une comédie d'intrigue vive, où le valet Tristán trouve un expédient pour sortir les amoureux de l'impasse.

Contexte d'écriture § 01

  • Vers 1613–1618 La pièce est composée dans les années 1610 ; la critique situe sa rédaction à cette période.
  • 1618 Date que retiennent habituellement les éditions.
  • Siècles suivants Le titre est resté une expression proverbiale : le « chien du jardinier » est celui qui ne profite pas et empêche les autres de profiter.
  • 1996 Pilar Miró en tire un film, El perro del hortelano.

Structure § 02

Comédie en trois actes et en vers, la pièce se déroule à Naples. Au centre, Diana, comtesse de Belflor, partagée entre son amour pour son secrétaire Teodoro et le souci de son rang ; Teodoro, amoureux de la servante Marcela, et les prétendants de la comtesse, le comte Federico et le marquis Ricardo. Le valet Tristán, personnage de gracioso, invente une fausse filiation pour faire de Teodoro un fils de comte, et ainsi lever l'obstacle social. Le tout est mené avec rapidité, dialogues vifs et quiproquos, et la pièce joue de l'ambiguïté entre le jeu de séduction et les convenances.

Réception § 03

La pièce compte parmi les comédies les plus jouées de Lope de Vega. Elle a été adaptée au cinéma en 1996 par Pilar Miró, avec des dialogues en vers conservés. On y a souvent lu une étude des rapports de classe et d'amour dans le théâtre du Siècle d'or, et la critique en souligne l'humour, la psychologie féminine et la modernité des situations : une femme de pouvoir qui hésite entre désir et statut. Le proverbe qui lui donne son titre est resté dans la langue espagnole.

Pourquoi il compte encore § 04

Le Chien du jardinier est l'un des textes qui montrent le mieux la modernité de Lope : une héroïne active, qui assume son désir mais n'ose le dire, et un jeu sur les classes qui ne se résout que par une fiction. C'est l'une des plus belles comédies du Siècle d'or et la plus facile d'accès pour qui ne connaît pas le théâtre espagnol de cette époque.