Comédie en trois actes et en vers, la pièce se déroule à Naples. Au centre, Diana, comtesse de Belflor, partagée entre son amour pour son secrétaire Teodoro et le souci de son rang ; Teodoro, amoureux de la servante Marcela, et les prétendants de la comtesse, le comte Federico et le marquis Ricardo. Le valet Tristán, personnage de gracioso, invente une fausse filiation pour faire de Teodoro un fils de comte, et ainsi lever l'obstacle social. Le tout est mené avec rapidité, dialogues vifs et quiproquos, et la pièce joue de l'ambiguïté entre le jeu de séduction et les convenances.
La pièce compte parmi les comédies les plus jouées de Lope de Vega. Elle a été adaptée au cinéma en 1996 par Pilar Miró, avec des dialogues en vers conservés. On y a souvent lu une étude des rapports de classe et d'amour dans le théâtre du Siècle d'or, et la critique en souligne l'humour, la psychologie féminine et la modernité des situations : une femme de pouvoir qui hésite entre désir et statut. Le proverbe qui lui donne son titre est resté dans la langue espagnole.
Le Chien du jardinier est l'un des textes qui montrent le mieux la modernité de Lope : une héroïne active, qui assume son désir mais n'ose le dire, et un jeu sur les classes qui ne se résout que par une fiction. C'est l'une des plus belles comédies du Siècle d'or et la plus facile d'accès pour qui ne connaît pas le théâtre espagnol de cette époque.