Le roman suit Anna Wulf, mère célibataire et écrivaine au bord de la dépression nerveuse dans le Londres de l'après-guerre, qui tient plusieurs carnets de couleurs différentes pour chroniquer séparément ses moi politique, social, sexuel et émotionnel, seul le carnet d'or du titre parvenant finalement à réunir ces fragments d'identité en un tout cohérent. Lessing y déploie une étude pénétrante de la psyché et de la situation de vie d'une femme, du sort des écrivains, de la sexualité, des idées politiques et de la vie quotidienne, dans une architecture narrative d'une audace formelle rare pour l'époque.
Le roman devient un moment de découverte de soi comparable pour toute une génération de femmes, salué par l'Académie suédoise comme une œuvre pionnière comptant parmi la poignée de livres ayant façonné la vision du XXe siècle sur les rapports hommes-femmes, quarante-cinq ans avant la consécration de Lessing par le prix Nobel de littérature en 2007.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement discutée de Lessing, sa structure fragmentée continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites formelles et politiques de la littérature britannique du XXe siècle.