Le roman est construit en de longues phrases ininterrompues, parfois étendues sur des pages entières, qui miment le flux de conscience et l'enfermement mental d'un pouvoir qui ne connaît plus de limites ni de contradicteurs. La forme elle-même — ce refus de la ponctuation classique, cette absence de respiration — donne au lecteur une sensation physique de l'oppression que le roman décrit.
Considéré comme l'un des romans les plus formellement audacieux de García Márquez, souvent cité aux côtés d'autres grands romans du dictateur de la littérature latino-américaine du XXe siècle, mais aussi comme l'un des plus difficiles d'accès de son auteur en raison de sa construction.
Au-delà de la Colombie, le roman parle à toute l'Amérique latine du XXe siècle, marquée par les dictatures militaires — et la forme même du texte, cette langue qui étouffe et ne laisse pas respirer, reste l'une des expérimentations stylistiques les plus radicales jamais tentées sur ce sujet.