Le roman, hautement expérimental dans sa forme, retrace la lutte pour la survie des élèves adolescents d'une académie militaire péruvienne, institution qui corrompt délibérément leur innocence et pervertit leur idéalisme, dénonçant à travers elle le régime militaire péruvien tout entier. Vargas Llosa y déploie une architecture narrative complexe, entrelaçant plusieurs voix et temporalités, dans un texte d'une force et d'une menace imagées qui provoque une véritable sensation dans tout le monde hispanophone dès sa parution.
Le roman provoque un scandale retentissant, les autorités militaires péruviennes brûlant mille exemplaires du livre sur le terrain même de l'école Leoncio Prado et qualifiant l'ouvrage de produit d'un esprit communiste dégénéré, quarante-sept ans avant la consécration de Vargas Llosa par le prix Nobel de littérature en 2010.
Le roman demeure l'œuvre la plus universellement célébrée de Vargas Llosa, sa dénonciation de la violence institutionnelle continuant d'être étudiée comme l'un des textes fondateurs du Boom de la littérature latino-américaine.