Amer ou-Kaci, fils de paysan kabyle, a émigré travailler dans les mines en France, où il a épousé Marie. À son retour au village d'Ighil Nezman avec elle, le roman explore les tensions d'une identité tissée de deux appartenances — la « kabylité » du père, la « francité » de la mère — sans jamais réduire ce mélange à un simple problème à résoudre. Le dénouement tragique du roman, marqué par la violence, referme le récit sur une note sombre.
Salué pour sa précision quasi documentaire sur la vie kabyle et la question de l'émigration, le roman est aujourd'hui encore étudié pour la manière dont Feraoun y traite l'hybridité culturelle sans céder à une vision binaire des identités — une approche fine pour son époque, sur un sujet resté sensible bien après la parution du livre.
Le roman aborde, dès 1953, une question qui reste au cœur des sociétés d'émigration aujourd'hui : que devient l'identité de qui a vécu entre deux pays, et comment le lieu d'origine reçoit-il ce retour ? Feraoun y refuse les réponses simples, ce qui donne au texte une actualité que son ancienneté ne laisse pas deviner.