Le livre est précédé d'un cadre : un écrivain de romans policiers, après une conférence, rencontre un ancien commandant de police, qui lui raconte l'histoire de Matthäi pour lui montrer que ses intrigues sont trop logiques. Le récit principal suit l'enquête du commissaire, sa décision de ne pas partir pour la Jordanie comme prévu, les soupçons qui pèsent sur un colporteur, puis son plan pour piéger le véritable meurtrier. Dürrenmatt brouille volontairement la mécanique du roman à énigme : une enquête rigoureuse peut échouer à cause d'un accident imprévisible. La longueur est celle d'un roman court, et le ton, sec, rappelle un rapport d'enquête.
La Promesse connaît un succès durable, en Suisse comme à l'étranger, et reste l'un des textes de Dürrenmatt les plus lus. Le film de Vajda (1958) a rencontré un grand succès en Suisse et en Allemagne, et le roman a fait l'objet d'autres adaptations, dont The Pledge de Sean Penn en 2001. Certains lecteurs y voient un roman policier, d'autres une critique du genre : l'ambiguïté fait partie de son intérêt. Le sous-titre, « Requiem pour le roman policier », en a fait un texte souvent cité dans les discussions sur le genre.
Le roman interroge ce que le genre promet à son lecteur : un monde ordonné, où le coupable est démasqué. En refusant cette consolation, Dürrenmatt rappelle que la réalité est affaire de hasard, et que l'obstination d'un homme ne suffit pas à lui donner un sens. Le livre a nourri le roman noir européen, où l'enquêteur échoue, doute ou se perd. Court, il peut se lire en une soirée, sans rien connaître du reste de l'œuvre de l'auteur.