Gustav von Aschenbach, écrivain reconnu et discipliné toute sa vie, cède à Venise à une fascination pour un jeune garçon, Tadzio, qu'il n'aborde jamais et se contente d'observer. En parallèle, une épidémie de choléra gagne la ville, dissimulée par les autorités pour ne pas effrayer les touristes. Les deux fils — la dérive intérieure d'un homme rationnel et la maladie qui progresse en silence — avancent en miroir jusqu'à leur conclusion commune.
Le texte s'impose rapidement comme l'une des nouvelles les plus marquantes de la littérature allemande du XXe siècle, salué pour la maîtrise avec laquelle Mann tient ensemble déclin individuel et décor de ville malade, sans jamais céder au mélodrame.
C'est le texte le plus concentré de Mann sur son thème central : la beauté et la maladie comme deux faces d'un même vertige. Il condense en une centaine de pages ce que La Montagne magique développera sur des centaines — un bon test, pour le lecteur, avant de s'engager dans l'ampleur du roman.