Le roman se déroule dans un village kabyle de la fin des années 1930 et du début des années 1940, où une jeunesse partagée entre les traditions ancestrales et l'attraction du monde colonial vit ses premiers émois amoureux et ses premières désillusions. Mammeri y dresse le portrait d'une société prise dans un basculement historique, sans jamais céder au message politique explicite, préférant l'observation minutieuse des tensions internes du village.
Le roman s'impose comme l'un des textes fondateurs de la littérature maghrébine d'expression française, aux côtés des œuvres de Feraoun et de Dib. Il inspirera plus tard un long métrage du même nom, l'un des tout premiers films tournés en langue berbère, réalisé par Abderrahmane Bouguermouh, ami de l'écrivain.
Le roman refuse la démonstration politique frontale au profit d'une observation ethnographique fine de la vie kabyle — un choix qui a pu décevoir certains lecteurs nationalistes de l'époque, mais qui donne au texte une valeur documentaire et humaine durable sur une société à un moment précis de son histoire.