Le roman est organisé autour du personnage de Gabriel Orsenna, né en 1883, et de son père, Louis, libraire spécialisé dans les atlas et les guides coloniaux. Gabriel travaille pour une compagnie de caoutchouc, vit au Brésil, puis à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, et entretient des liens amoureux avec deux Anglaises. Le livre suit ainsi, sur plusieurs décennies, les rapports d'une famille avec l'Empire.
L'Exposition coloniale de 1931, à Paris, donne son titre à un roman dont le propos dépasse l'événement : il montre la manière dont l'idée coloniale se transmet de père en fils, puis se défait, jusqu'au déclin du système colonial français dans les années 1950. Le ton mêle l'aventure, le comique et la nostalgie.
Le roman reçoit le prix Goncourt en 1988, puis le prix Goncourt des lycéens la même année. Il est publié au Seuil. Le héros, Gabriel Orsenna, porte le nom de plume de l'auteur, ce qui donne au roman une résonance autobiographique que l'ironie du ton tient à distance. Le double couronnement, par le jury du Goncourt et par les lycéens, est assez rare pour être souligné.
Le livre est depuis cité parmi les romans français qui ont revisité, avec distance et ironie, l'histoire coloniale.
L'Exposition coloniale reste le roman le plus ample d'Orsenna et son livre le plus reconnu. Il montre comment une histoire familiale peut dire la mentalité d'une époque, et comment une institution, ici l'Empire, se transmet par les livres, les rêves et les habitudes. Il se lit aussi comme un roman d'aventure, avec un humour qui évite la leçon. Son titre renvoie à un événement réel, l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931, vitrine de l'empire colonial français.