Le roman retrace sans détour l'expérience de la dépendance à l'héroïne, offrant un aperçu aussi saisissant que dépourvu de complaisance de la vie quotidienne d'un toxicomane dans l'Amérique de l'après-guerre, entre quête incessante de la drogue, désintoxications ratées et rencontres avec d'autres marginaux de la même condition. Burroughs y déploie une prose encore relativement directe comparée à ses œuvres ultérieures, l'absence de tout effet stylistique excessif renforçant paradoxalement la crudité et l'authenticité du témoignage.
Le roman rencontre un succès notable dès sa publication sous pseudonyme, installant la réputation naissante de Burroughs, six ans avant la controverse plus considérable encore suscitée par Le Festin nu.
Le roman demeure l'œuvre fondatrice de Burroughs, son témoignage direct sur la toxicomanie continuant d'être étudié comme l'un des grands textes confessionnels de la littérature Beat américaine du XXe siècle.