Dans une Afrique du Sud imaginaire au bord de l'effondrement révolutionnaire, une famille blanche fuit Johannesburg et se réfugie dans le village natal de July, leur ancien domestique. Les rôles s'inversent brutalement : ceux qui commandaient dépendent désormais entièrement de celui qu'ils employaient. Le roman explore avec une lucidité déstabilisante comment les rapports de pouvoir, une fois inversés, révèlent tout ce qu'ils dissimulaient auparavant.
Le roman est salué pour son audace formelle — recourir à l'anticipation plutôt qu'au réalisme direct pour mieux comprendre le présent. Ironie de l'histoire, en 2001, un département provincial de l'éducation retirera le livre des programmes scolaires post-apartheid, le jugeant à son tour « profondément raciste, condescendant et paternaliste » — signe des débats que le texte continue de susciter.
Le roman démontre qu'un futur inventé peut parfois révéler la réalité présente plus efficacement qu'un récit strictement réaliste — une leçon qui dépasse largement le seul contexte de l'apartheid. Sa réception contrastée, y compris après la fin du régime qu'il dénonçait, montre aussi combien la question raciale continue de se rejouer sous des formes nouvelles.