Le narrateur, un chat sans nom recueilli chez un professeur d'anglais, observe avec un détachement ironique les travers de son maître et de son entourage — intellectuels prétentieux, bourgeois en quête de reconnaissance, tous saisis dans les bouleversements d'un Japon qui s'occidentalise à toute vitesse. Cette distance feline permet à Sōseki une satire mordante, jamais méchante, de la société de son temps.
Succès immédiat au Japon, le roman est aujourd'hui l'une des œuvres japonaises les plus traduites dans le monde — près de vingt traductions rien qu'en chinois — et reste l'un des textes les plus lus de la littérature japonaise moderne, en Chine comme en Occident.
Le roman capture, avec un humour qui n'a pas vieilli, le moment précis où le Japon bascule dans la modernité occidentale — un basculement que Sōseki lui-même incarne, lui qui doit sa formation à l'Angleterre tout en restant profondément japonais. Le succès du livre a aussi permis à la littérature japonaise moderne de trouver sa première grande voix populaire.