Le roman s'appuie sur le massacre de Gwangju de 1980, où des centaines d'étudiants et de civils non armés sont tués par l'armée sud-coréenne, donnant voix aux victimes de l'histoire à travers un procédé narratif singulier laissant les âmes des morts se détacher de leurs corps pour assister à leur propre anéantissement. Han Kang y déploie un style aussi visionnaire que concis, qui s'écarte des attentes habituelles de la littérature de témoignage tout en confrontant cet épisode avec une actualisation brutale, certains passages laissant entrevoir, au milieu des cadavres non identifiables, les âmes des morts encore incapables de quitter leur enveloppe charnelle.
Le roman est finaliste du Booker Prize en 2018, deux ans après le succès international de La Végétarienne, consolidant la réputation de Han Kang comme chroniqueuse des traumatismes historiques sud-coréens, dix ans avant sa consécration par le prix Nobel de littérature en 2024.
Le roman demeure l'une des œuvres les plus bouleversantes de Han Kang, sa confrontation directe avec le massacre de Gwangju continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de la littérature de témoignage sud-coréenne contemporaine.