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ŒUVRE N° 1817 — RÉCITS — FRANCE — 1896

Histoires naturelles

1896 · Récits · Jules Renard
Un recueil de brefs portraits d'animaux, vifs et drolatiques, dans une langue d'une grande précision.
Pourquoi le lire — Le Cheval, la Pie, le Martin-pêcheur, le Serpent, les Fourmis : Jules Renard fait défiler les animaux de la ferme et des champs en portraits de quelques lignes, parfois d'un seul mot. Chaque texte est un petit bijou d'observation, où la métaphore joue le rôle d'une loupe. Drôle, vif, parfois tendre, souvent cruel, ce recueil est l'un des plus beaux exemples de concision de la littérature française.

Contexte d'écriture § 01

  • 1892 Renard publie L'Écornifleur, premier succès qui précède Poil de Carotte (1894).
  • 1896 Les Histoires naturelles paraissent.
  • 1899 Une édition illustrée par Henri de Toulouse-Lautrec voit le jour.
  • 1906-1907 Maurice Ravel met en musique cinq de ces textes, pour voix et piano ; le cycle est créé en 1907.

Structure § 02

Le recueil rassemble de nombreux textes très courts, parfois une seule ligne, parfois une page. Chacun est consacré à un animal : un portrait par la comparaison, une scène de ferme, une anecdote. Le plus célèbre, « Le Serpent », tient en trois mots : « Trop long. » L'ordre n'obéit à aucune hiérarchie : on passe d'un oiseau à un insecte, d'une description à un dialogue.

Renard y pratique la métaphore comme un procédé de précision. L'animal est comparé à un objet (la fourmi ressemble à un chiffre 3), à un personnage, à un geste humain. L'ensemble forme moins un bestiaire qu'une galerie de portraits, où l'humour sert à faire apparaître des vérités simples.

Réception § 03

Les Histoires naturelles s'imposent assez vite comme l'un des textes les plus originaux de la fin du XIXe siècle. L'édition illustrée par Toulouse-Lautrec en 1899 en fait aussi un livre d'art. Ravel, en 1906, en tire un cycle de mélodies pour voix et piano, composé de cinq pièces : « Le Paon », « Le Grillon », « Le Cygne », « Le Martin-pêcheur » et « La Pintade ». Le livre reste l'un des plus lus de Renard, avec Poil de Carotte.

Pourquoi il compte encore § 04

Les Histoires naturelles apprennent à regarder : pour dire un animal, il faut l'avoir vu. La force des textes tient à l'exactitude de l'observation, à l'invention de la comparaison, à l'art de s'arrêter. Le recueil montre qu'une phrase suffit parfois à créer une image durable, et il a ouvert la voie à une tradition de portraits brefs dans la littérature française. À lire par petites touches, au hasard des pages, pour le plaisir d'un style qui va droit au but.