Le roman suit une structure cyclique — sa dernière phrase, inachevée, se poursuit littéralement dans la première phrase du livre — et se déploie dans une langue hybride, mêlant l'anglais à des dizaines d'autres langues, des jeux de mots, des néologismes et des associations sonores qui rendent le texte difficile à résumer, voire à paraphraser. L'intrigue, centrée sur la famille Earwicker, reste secondaire face à l'expérience de lecture elle-même, faite de sonorités et de résonances plutôt que d'un récit linéaire classique.
Le livre reste l'une des œuvres les plus discutées et les moins lues intégralement de la littérature du XXe siècle, certains y voyant le sommet absolu de l'expérimentation joycienne, d'autres une impasse stylistique — un débat qui n'a jamais vraiment cessé depuis sa publication.
Le livre représente la tentative la plus radicale jamais menée par un écrivain majeur pour réinventer la langue elle-même comme matériau littéraire, plutôt que comme simple véhicule d'un récit — une ambition qui continue de fasciner et d'intimider les lecteurs près d'un siècle après sa parution.