L'opéra-comique, représenté devant la reine Marie-Antoinette, s'inscrit dans la tradition du genre lyrique léger prisé à la cour de France à la fin de l'Ancien Régime, mêlant dialogues parlés et airs chantés dans une intrigue sentimentale conforme aux conventions du genre. Cette œuvre de jeunesse, aujourd'hui largement éclipsée par le succès de son grand roman, témoigne néanmoins des débuts littéraires d'un auteur qui explorera bientôt, avec une tout autre profondeur, les mécanismes du sentiment amoureux dans Les Liaisons dangereuses.
L'opéra-comique n'est joué qu'une seule fois devant la cour, une réception limitée qui contraste nettement avec le succès retentissant que connaîtra Laclos quelques années plus tard avec son roman épistolaire, une différence de fortune qui illustre le chemin parcouru par l'auteur entre ces deux œuvres.
L'œuvre demeure une curiosité biographique précieuse pour comprendre les débuts littéraires de Laclos avant son chef-d'œuvre unique, sa collaboration avec le chevalier de Saint-Georges offrant par ailleurs un aperçu de la vie musicale de la cour de France à la veille de la Révolution.