Le roman retrace la vie d'Adrian Leverkühn, compositeur de génie qui conclut un pacte inspiré du mythe de Faust pour atteindre un niveau de création inégalé. Sa trajectoire, racontée par un ami narrateur, fonctionne comme une allégorie de la chute morale et intellectuelle de l'Allemagne, du sommet de son raffinement culturel jusqu'au nihilisme qui mène à la catastrophe nazie.
Considéré, après Les Buddenbrook et La Montagne magique, comme le dernier grand roman de Mann et le couronnement de son édifice romanesque — un texte plus difficile d'accès que les précédents, mais tenu pour l'un des sommets de sa réflexion sur l'histoire de son pays.
Peu de romans ont tenté, de l'intérieur d'une culture qui vient de produire le nazisme, d'expliquer comment un tel raffinement intellectuel a pu déboucher sur une telle catastrophe morale. Écrit par un homme que son propre pays avait déchu de sa nationalité, c'est un texte qui interroge la responsabilité de la culture elle-même face à la barbarie.