Le roman entrelace deux fils narratifs, celui d'une tribu nomade traversant au début du XXe siècle le désert nord-africain à la poursuite d'un rêve de liberté bientôt broyé par la colonisation, et celui de Lalla, jeune descendante berbère contemporaine contrainte de quitter son désert natal pour rejoindre l'Europe. À travers le personnage de Lalla, figure d'une pureté et d'une dignité inaltérables face à la laideur et à la brutalité de la société européenne qui l'accueille comme travailleuse immigrée indésirable, Le Clézio développe une critique implicite mais puissante de la civilisation occidentale et de son rapport prédateur aux cultures qu'elle a dominées.
Le roman marque la consécration définitive de Le Clézio comme grand romancier français, sa prose plus fluide et plus ample que celle de ses œuvres antérieures rencontrant un très large succès critique et public, couronné par le Grand Prix Paul-Morand.
Le roman demeure l'œuvre la plus emblématique de Le Clézio, sa confrontation entre la pureté d'une culture nord-africaine disparue et la brutalité de l'Europe contemporaine continuant d'être étudiée comme l'une des grandes réussites de la littérature française consacrées à la question migratoire et postcoloniale.