Le recueil constitue la « lettre d'adieu à l'anglais » de Ngũgĩ, où il explique en détail sa décision d'écrire en kikuyu plutôt qu'en anglais, soutenant que le langage, quel qu'il soit, possède un double caractère, à la fois porteur de culture et moyen de communication, les langues coloniales étant imposées dans les écoles africaines comme une forme d'impérialisme culturel aliénant les élèves de leurs racines. Ngũgĩ y déploie une argumentation d'une clarté et d'une force polémique rares, déclarant son intention de n'écrire désormais qu'en kikuyu ou en kiswahili, contrairement à d'autres auteurs africains percevant l'anglais, le français ou le portugais comme des moyens de communication mondiale plutôt que comme des armes de domination continue.
L'essai s'impose immédiatement comme l'un des manifestes les plus importants sur le langage et la décolonisation dans le discours littéraire africain, sa portée théorique dépassant largement le cadre kényan pour influencer l'ensemble des débats postcoloniaux mondiaux.
L'essai demeure l'œuvre théorique la plus influente de Ngũgĩ, sa réflexion sur le langage comme champ de bataille anti-impérialiste continuant d'être étudiée comme l'un des grands textes fondateurs des études postcoloniales contemporaines.