Le poème adopte le point de vue d'une voix déjà passée de l'autre côté de la vie, racontant avec une sérénité troublante comment la Mort, personnifiée en gentleman courtois qui n'est jamais pressé, est venue la chercher en calèche pour un trajet traversant les grandes étapes symboliques de l'existence avant de s'arrêter devant ce qui ressemble à sa propre tombe. Dickinson y déploie sa métrique proche des hymnes religieux, constamment déjouée par des rimes approximatives et un usage systématique du tiret qui fragmente chaque vers en une succession de respirations suspendues, l'ambiguïté du ton oscillant entre l'anticipation d'une paisible vie éternelle chrétienne et une vision plus terre-à-terre et glaçante de la mortalité.
Le poème devient, dès sa publication posthume en 1890, l'une des œuvres les plus célébrées de Dickinson, salué depuis comme l'une des ouvertures les plus saisissantes et les plus intrigantes de toute la poésie de langue anglaise.
Le poème demeure l'œuvre la plus universellement étudiée de Dickinson, sa personnification de la Mort continuant d'être enseignée comme l'une des grandes réussites de la poésie américaine sur le thème de la mortalité.