IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Œuvres › Beau Masque
ŒUVRE N° 1838 — ROMAN — FRANCE — 1954

Beau Masque

1954 · Roman · Roger Vailland
Un ouvrier italien immigré et une jeune femme, dans une usine du Jura, au moment d'une grève.
Pourquoi le lire — Dans une vallée du Jura, une filature est reprise en main par un groupe qui la modernise et prépare des licenciements. Pierrette Amable, déléguée syndicale, tombe amoureuse de Beau Masque, un immigré italien. Vailland, devenu communiste en 1952, écrit un roman social où la grève se joue autant dans les cœurs que dans l'usine : pas de héros de propagande, mais des personnages nuancés, pris entre solidarité de classe, désir et loyautés contraires.

Contexte d'écriture § 01

  • 1952 Vailland adhère au Parti communiste français.
  • 1954 Gallimard publie Beau Masque, roman de la condition ouvrière.
  • 1955 Il donne ensuite 325 000 francs, autre roman consacré au monde ouvrier.
  • 1956 Il se détache du Parti après les événements de Hongrie.
  • 1972 Bernard Paul en tire un film, avec Dominique Labourier et Luigi Diberti, tourné notamment à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) et dans l'Ain.

Structure § 02

Le roman se déroule dans une vallée jurassienne, dans les années 1950, autour d'une usine textile. Deux figures s'y répondent : Pierrette Amable, déléguée syndicale, et l'Italien surnommé Beau Masque, immigré qui travaille dans la région. À leur histoire d'amour s'ajoute la présence de Philippe Letourneur, de la famille qui possède l'usine, que Pierrette rencontre elle aussi. Quand un groupe international modernise la filature, les licenciements annoncés poussent les syndicats à voter la grève. Vailland alterne récit intime et chronique collective, et construit l'intrigue comme une montée de tension, du quotidien d'atelier à l'affrontement.

Réception § 03

Les lecteurs actuels y voient en général un roman engagé qui traite des luttes ouvrières avec humanité, par des personnages complexes, plutôt qu'un simple tract ; certains jugent sa conclusion plus faible. L'adaptation de Bernard Paul, en 1972, est une coproduction franco-italienne : les usines textiles françaises ayant refusé l'accès à l'équipe, le tournage a eu lieu dans des régions ouvrières de forte immigration italienne. Françoise Arnoul, costumière du film, lui reprochait une fidélité excessive au roman.

Pourquoi il compte encore § 04

Beau Masque garde l'intérêt d'un roman social écrit de l'intérieur du monde ouvrier de l'après-guerre : l'usine, le syndicat, l'immigration italienne y sont des réalités concrètes et non des symboles. Il éclaire aussi le parcours de Vailland, au moment de son adhésion communiste, et permet de comparer ce roman à La Loi, où il applique à un autre cadre le même souci d'observer les rapports de pouvoir.