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ŒUVRE N° 0425 — ROMAN — FRANCE — 1944

Aurélien

1944 · Roman · Louis Aragon
Le quatrième volet de son cycle Le Monde réel, l'un des sommets romanesques de son œuvre, écrit en pleine clandestinité.
Pourquoi le lire — Aurélien Leurtillois, officier célibataire encore hanté par les souvenirs du front, tombe amoureux de Bérénice, jeune provinciale mariée de passage à Paris — un grand roman de l'amour impossible, écrit alors que la propre compagne d'Aragon songeait à le quitter.

Contexte d'écriture § 01

  • 1942-1944 Aragon écrit ce roman durant l'Occupation, alors qu'il vit dans la clandestinité en tant que résistant, et qu'Elsa Triolet songe à le quitter, rendant le texte particulièrement amer et personnel.
  • Le quatrième volet du cycle Le roman prend place dans le cycle Le Monde réel, inauguré en 1933 par Les Cloches de Bâle, marquant la rupture d'Aragon avec le surréalisme.

Structure § 02

Aurélien Leurtillois, officier célibataire et oisif encore hanté par les souvenirs du front de la Première Guerre mondiale, rencontre dans le Paris des années 1920 Bérénice Morel, jeune femme mariée venue de province pour quelques jours, dont il tombe éperdument amoureux malgré une première impression défavorable. Le roman développe, à travers la technique balzacienne du retour des personnages qui relie l'intrigue aux volumes précédents du cycle, une méditation amère sur l'impossibilité du couple et de l'amour partagé, thème central que le roman explore avec une intensité psychologique inédite dans l'œuvre d'Aragon.

Réception § 03

Le roman ne reçoit pas un accueil très favorable à sa parution en pleine fin de l'Occupation, mais s'impose progressivement dans les décennies suivantes comme l'un des sommets romanesques de l'œuvre d'Aragon, classé parmi les cent meilleurs livres du siècle par le journal Le Monde.

Pourquoi il compte encore § 04

Le roman demeure l'une des grandes œuvres sur l'amour impossible de la littérature française du XXe siècle, sa dimension intimement autobiographique, écrite alors qu'Aragon craignait de perdre Elsa Triolet, continuant de nourrir une lecture à la fois romanesque et personnelle de cette longue rêverie sentimentale.