Aurélien Leurtillois, officier célibataire et oisif encore hanté par les souvenirs du front de la Première Guerre mondiale, rencontre dans le Paris des années 1920 Bérénice Morel, jeune femme mariée venue de province pour quelques jours, dont il tombe éperdument amoureux malgré une première impression défavorable. Le roman développe, à travers la technique balzacienne du retour des personnages qui relie l'intrigue aux volumes précédents du cycle, une méditation amère sur l'impossibilité du couple et de l'amour partagé, thème central que le roman explore avec une intensité psychologique inédite dans l'œuvre d'Aragon.
Le roman ne reçoit pas un accueil très favorable à sa parution en pleine fin de l'Occupation, mais s'impose progressivement dans les décennies suivantes comme l'un des sommets romanesques de l'œuvre d'Aragon, classé parmi les cent meilleurs livres du siècle par le journal Le Monde.
Le roman demeure l'une des grandes œuvres sur l'amour impossible de la littérature française du XXe siècle, sa dimension intimement autobiographique, écrite alors qu'Aragon craignait de perdre Elsa Triolet, continuant de nourrir une lecture à la fois romanesque et personnelle de cette longue rêverie sentimentale.