L'intrigue s'ouvre sur l'assassinat de Kesselbach, suivi d'autres meurtres — celui de son domestique, puis de son secrétaire —, avec pour seuls indices un étui à cigarettes marqué des initiales « L. M. » et une étiquette portant le chiffre 813. Le roman est divisé en deux grandes parties, que l'édition de 1917 sépare en deux volumes : La Double Vie d'Arsène Lupin et Les Trois Crimes d'Arsène Lupin. Il mêle enquête policière, histoire secrète et affaires d'État, avec des personnages nombreux et un adversaire dont l'identité reste longtemps incertaine. Le ton est plus noir que dans les premières nouvelles : Lupin y est plus ambitieux et plus déchiré que le cambrioleur facétieux d'avant.
Le roman paraît en feuilleton dans Le Journal, grand quotidien populaire de l'époque, puis en volume en 1910. Il est traduit en anglais l'année suivante. Il a été adapté plusieurs fois, au cinéma (États-Unis en 1920, Japon en 1923) et à la télévision (en France, Arsène Lupin joue et perd, 1980). Le texte de 1910 a été remanié par l'auteur en 1917, ce qui explique l'existence de deux versions, et la séparation en deux volumes sous des titres distincts. Publié en feuilleton quotidien, il devait relancer l'attente du lecteur à chaque livraison.
813 montre un Lupin plus complexe que le héros souriant des débuts, capable de sombrer dans la violence et le doute. Le roman rattache le cycle au roman d'espionnage et au roman d'énigme à grand spectacle, et il conserve l'intérêt d'une intrigue très construite. On le lit pour la qualité de son mystère, mais aussi pour ce qu'il révèle de la manière dont Leblanc a fait évoluer son personnage, de la farce vers la tragédie.