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ŒUVRE N° 1584 — ROMAN — ALGÉRIE — 2015

2084 : la fin du monde

2015 · Roman · Boualem Sansal
Une dystopie religieuse dans un pays imaginaire, l'Abistan, où tout est contrôlé au nom d'un dieu.
Pourquoi le lire — Un empire, l'Abistan, un dieu, Yölah, un prophète, Abi, une langue unique, l'abilang, et une société où l'on ne se souvient de rien parce que le passé n'existe plus. Dans 2084 : la fin du monde, Sansal transpose le totalitarisme de 1984 dans un cadre religieux et suit Ati, un homme qui doute et commence à chercher. Une fable politique qui avertit autant qu'elle raconte, et qui a trouvé un large public.

Contexte d'écriture § 01

  • 1949 Orwell publie 1984, dont le titre est repris et décalé par Sansal.
  • 2015 2084 : la fin du monde paraît chez Gallimard, dans la collection Blanche.
  • 2015 Il reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française et est élu meilleur livre de l'année par le magazine Lire.
  • 2017 Le livre est repris en Folio (336 pages).

Structure § 02

Le roman se déroule en 2084 dans l'Abistan, empire théocratique bâti sur l'amnésie collective, la surveillance permanente et une langue unique, l'abilang, qui borne la pensée. Le héros, Ati, remet en question les certitudes imposées et voyage avec Koa à travers l'empire. Abi, prophète du dieu Yölah, domine l'ensemble, tandis que l'archéologue Nas découvre des vestiges qui menacent l'histoire officielle. Le récit suit l'itinéraire d'Ati vers ces failles, et la construction rappelle les dystopies classiques : un monde clos, un individu qui doute, un pouvoir qui répond par la contrainte. Sansal cite Orwell et s'en écarte en situant la domination dans la religion.

Réception § 03

Le roman reçoit conjointement en 2015 le Grand Prix du roman de l'Académie française et est élu meilleur livre de l'année par le magazine Lire. Les critiques le saluent : Télérama parle d'une « fable puissante » et d'un avertissement contre l'islamisme, tandis que L'Obs regrette un certain didactisme abstrait.

Pourquoi il compte encore § 04

2084 s'inscrit dans la lignée des grandes dystopies, de Zamiatine et Orwell à Huxley, et lui apporte un déplacement : le totalitarisme y est religieux, et non idéologique ou étatique au sens strict. Cette fable parle de la manière dont une société oublie, dont une langue peut contraindre la pensée et dont l'obéissance peut devenir un mode de vie. Le roman a aussi pesé dans le débat public français, ce qui a contribué à faire de Sansal un auteur lu bien au-delà du cercle littéraire.