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FICHE N° 0560 — LITT. BRÉSILIENNE — ROMAN, NOUVELLE — XXe S.

João Guimarães Rosa

1908 – 1967 · Brésil · Langue portugaise
Écrivain brésilien — auteur de Diadorim (Grande Sertão).
Pourquoi le lire — Médecin de campagne devenu diplomate, João Guimarães Rosa (1908-1967) a transposé le sertão du Minas Gerais, son pays natal, dans une prose qui travaille la langue orale, la syntaxe et le vocabulaire avec une liberté sans équivalent dans la littérature brésilienne. Auteur de Sagarana (1946), de Grande Sertão : Veredas (1956, traduit en français sous le titre Diadorim) et des Premières histoires (1962), il fait de l'arrière-pays une scène universelle, où se jouent le bien et le mal, l'amour et le doute. On le lit pour cette langue unique et pour la profondeur de ses récits.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né en juin 1908 à Cordisburgo, dans l'État du Minas Gerais, aîné de six enfants ; l'arrière-pays de son enfance nourrira toute son œuvre.
  • 1925-1930 — médecin Entreprend à Belo Horizonte, à seize ans, des études de médecine dont il est diplômé en 1930.
  • 1930-1934 — le sertão Exerce comme médecin de campagne à Itaguara, puis comme médecin militaire à Barbacena ; il y recueille les récits, les parlers et les paysages de l'intérieur du pays.
  • 1934 — la diplomatie Entre au ministère brésilien des Affaires étrangères ; il est consul adjoint à Hambourg de 1938 à 1942.
  • 1946 — Sagarana Publie son premier recueil de nouvelles, issu d'un manuscrit présenté en 1938 à un concours littéraire sous le pseudonyme de Viator.
  • 1956 — l'année double Fait paraître Corpo de baile, sept longues nouvelles, et Grande Sertão : Veredas, son unique roman, qui paraissent la même année.
  • 1962 — Premières histoires Publie Primeiras estórias, vingt et un récits brefs ; c'est son dernier recueil de nouvelles avant Tutaméia (1967).
  • 1963-1967 — l'Académie Élu à l'unanimité à l'Académie brésilienne des lettres en 1963, il ne prend ses fonctions qu'en 1967.
  • 1967 — la mort Meurt à Rio de Janeiro le 19 novembre 1967, à cinquante-neuf ans, quelques jours après sa réception à l'Académie ; Tutaméia, ses derniers récits brefs, paraît la même année.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Sagarana (1946) — Neuf récits de l'arrière-pays du Minas Gerais, entre légendes, bêtes et cavaliers.
Diadorim (1956) — Riobaldo, ancien jagunço, raconte sa vie dans le sertão, son amour pour Diadorim et un pacte avec le diable.
Premières histoires (1962) — Vingt et un récits brefs, parus en 1962, souvent situés dans un arrière-pays à peine localisé, où des êtres démunis vivent des épiphanies de bonté ou d'amour. Le recueil contient « La troisième rive du fleuve ».

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Guimarães Rosa a donné à la prose brésilienne une langue neuve. Il puise dans le parler des gens du sertão, dans l'oralité des conteurs et des chanteurs, pour forger des mots, tordre la syntaxe et faire de chaque phrase un objet poétique. Cette invention n'est pas un jeu : elle sert une vision où le régionalisme, loin de se replier sur le pittoresque, touche aux questions de toujours — la foi, le mal, l'amour, l'identité, le sens d'une vie. Avec lui, la littérature de l'intérieur du Brésil cesse d'être un document sur une région pour devenir une œuvre de portée mondiale. Grande Sertão : Veredas a figuré en 2002 dans la liste des cent meilleurs livres de tous les temps établie par les cercles de lecture norvégiens, seul titre brésilien retenu. Son influence se mesure dans toute la littérature de langue portugaise.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une écriture dense, musicale, parfois déroutante : néologismes, tournures venues de l'oral, ellipses, rythme de la parole plus que de la prose écrite. Elle se lit mieux à voix haute et sans chercher à tout élucider du premier coup. Ses récits sont des fables à double fond, où le réalisme du sertão côtoie le merveilleux et le métaphysique. Par où commencer : les Premières histoires, vingt et un récits brefs, offrent l'entrée la plus abordable, en particulier « La troisième rive du fleuve » ; Sagarana vient ensuite, avant l'ample monologue de Diadorim, à aborder lorsqu'on est prêt à se laisser porter.

Articles liés § 05