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FICHE N° 0291 — LITT. FRANÇAISE — CLASSICISME — XVIIe S.

Blaise Pascal

1623 – 1662 · France · Langue française
Philosophe, mathématicien et théologien — auteur des Provinciales et des Pensées, l'une des proses les plus lues de la langue française.
Pourquoi le lire — Génie précoce élevé par son seul père loin des collèges, Pascal invente à seize ans un traité de géométrie révolutionnaire avant de fonder, avec Fermat, le calcul des probabilités et de démontrer l'existence de la pression atmosphérique. Une expérience mystique en 1654 le détourne des sciences vers la théologie : il défend ses amis jansénistes contre les jésuites dans dix-huit lettres d'une ironie redoutable, puis entame une apologie du christianisme qui, publiée après sa mort sous le titre Pensées, demeure l'un des sommets de la prose philosophique française.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né le 19 juin 1623 à Clermont-Ferrand, en Auvergne, troisième enfant et unique fils d'Étienne Pascal, président de la Cour des Aides, sa mère mourant alors qu'il n'a que trois ans.
  • Une éducation hors norme Jamais scolarisé, il est entièrement éduqué par son père après l'installation de la famille à Paris en 1631, un père qui lui interdit dans un premier temps l'apprentissage des mathématiques.
  • 1639 — le génie précoce Écrit à seize ans l'Essai pour les coniques, un traité de géométrie projective jugé révolutionnaire pour son âge.
  • 1654 — le calcul des probabilités Développe avec Fermat une méthode de résolution du « problème des partis » qui donnera naissance au calcul des probabilités, dont l'influence s'étendra plus tard à l'économie et aux sciences sociales.
  • La Nuit de feu Vit fin 1654 une expérience mystique bouleversante qui le détourne durablement des mathématiques et de la physique pour le tourner vers la réflexion philosophique et religieuse.
  • 1656-1657 — Les Provinciales Rédige dix-huit lettres pour défendre ses amis jansénistes contre la casuistique des jésuites, un pamphlet d'une ironie mordante qui réjouit tout Paris et influence durablement la prose polémique française.
  • Les dernières années Tombe gravement malade en 1659 et mène une existence de plus en plus austère, refusant même les médicaments en affirmant que « la maladie est l'état naturel du chrétien », tout en rédigeant les notes qui deviendront les Pensées.
  • 1662 — la mort Meurt le 19 août à Paris, probablement d'un cancer de l'estomac, à seulement trente-neuf ans, et est inhumé en l'église Saint-Étienne-du-Mont.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Pensées (posthume, 1670) — Son chef-d'œuvre : une apologie inachevée du christianisme, fragmentaire et vertigineuse.
Les Provinciales (1656-1657) — Dix-huit lettres d'une ironie féroce contre la casuistique jésuite, chef-d'œuvre de la prose polémique.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Pascal est l'un des rares esprits à avoir marqué à parts égales l'histoire des sciences et celle de la littérature : sa théorie des probabilités demeure aujourd'hui un outil essentiel de la finance et de l'assurance, tandis que ses Provinciales et ses Pensées ont profondément influencé la prose française classique. Sa pensée théologique, qui situe l'homme entre calvinisme et pélagianisme dans la tradition de saint Augustin, affirme que le salut ne dépend que d'une grâce divine gratuite, contre la casuistique jésuite qu'il juge complaisante. Son influence dépasse largement son siècle : elle marque les romantiques du XVIIIe siècle, la pensée de Nietzsche, et les modernistes catholiques qui verront en lui un précurseur du pragmatisme, au point qu'une procédure en béatification a été évoquée par le Vatican en 2017.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une prose d'une clarté et d'une élégance rares, qu'elle serve l'ironie mordante des Provinciales contre les jésuites ou la méditation fragmentaire et vertigineuse des Pensées sur la misère et la grandeur de l'homme. Pascal écrit par fragments courts, souvent aphoristiques — « Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point » en est l'exemple le plus célèbre —, dans une langue qui allie la rigueur du mathématicien à l'intensité du mystique. Pour un premier contact, les Provinciales offrent l'entrée la plus immédiate par leur verve polémique ; les Pensées demandent une lecture plus lente, fragment après fragment, pour en saisir toute la profondeur.