IDLIBRIS L'encyclopédie mondiale des écrivains
Accueil › Écrivains › Bertrand Russell
FICHE N° 0156 — PHILOSOPHIE BRITANNIQUE — XXe S.

Bertrand Russell

1872 – 1970 · Royaume-Uni · Langue anglaise
Philosophe, logicien et réformateur social — prix Nobel 1950, troisième philosophe distingué par le prix, figure fondatrice du mouvement analytique et infatigable défenseur des libertés civiles.
Pourquoi le lire — Issu d'une famille aristocratique britannique, orphelin à trois ans et élevé par sa grand-mère loin de toute école formelle, Russell devient l'un des plus grands philosophes du XXe siècle, fondateur du mouvement analytique anglo-américain, avant de se faire connaître d'un public bien plus large comme militant infatigable pour la paix et écrivain accessible sur les grandes questions sociales et morales. En 1950, il reçoit le prix Nobel de littérature, en reconnaissance de ses écrits variés et significatifs défendant les idéaux humanitaires et la liberté de pensée.

Biographie § 01 — le parcours

  • Origines Né le 18 mai 1872 à Trellech, aujourd'hui au Pays de Galles, au sein d'une famille anglaise aristocratique, petit-fils d'un ancien Premier ministre britannique ; orphelin à trois ans, élevé par sa grand-mère loin de toute école formelle.
  • 1890 — Cambridge Entre au Trinity College de Cambridge, où il obtient une mention très bien en mathématiques puis une mention avec distinction en philosophie, avant d'y être élu fellow.
  • Les débuts philosophiques Apporte ses premières contributions pionnières à la logique et aux mathématiques, avant que son influence ne s'étende considérablement à des domaines beaucoup plus vastes.
  • Le pacifisme et l'emprisonnement Milite avec conviction contre la Première Guerre mondiale, perdant son poste d'enseignant à Trinity et étant emprisonné six mois en 1918 pour un article antimilitariste, expérience durant laquelle ses lectures philosophiques nourrissent son œuvre ultérieure.
  • 1912 — Les Problèmes de la philosophie Publie cet ouvrage qui rend accessibles à un large public des idées philosophiques complexes, révélant son talent pour la vulgarisation savante.
  • 1927 — Pourquoi je ne suis pas chrétien Publie cet essai retentissant, l'une de ses attaques les plus célèbres contre la religion organisée.
  • 1945 — Histoire de la philosophie occidentale Publie cet ouvrage qui devient un best-seller, lui assurant un revenu stable pour le reste de sa vie et contribuant à sa reconnaissance comme intellectuel de stature mondiale, aux côtés de son ami Albert Einstein.
  • 1948 — La Connaissance humaine Publie cet ouvrage qui constitue sa dernière grande contribution majeure à la philosophie proprement dite.
  • 1949 — l'Ordre du Mérite Reçoit cette distinction britannique après une vie marquée par la controverse, incluant des renvois du Trinity College de Cambridge et du City College de New York.
  • 1950 — le Nobel Reçoit le prix Nobel de littérature « en reconnaissance de ses écrits variés et significatifs dans lesquels il défend les idéaux humanitaires et la liberté de pensée », devenant le troisième philosophe distingué par le prix après Rudolf Eucken et Henri Bergson, et le cinquième auteur britannique ainsi couronné.
  • Les dernières décennies Milite avec vigueur contre les armes nucléaires, cofondant la Campagne pour le désarmement nucléaire, signant en 1955 le Manifeste Russell-Einstein qui lance les conférences Pugwash, avant de critiquer également l'implication américaine dans la guerre du Vietnam.
  • 1970 Meurt de la grippe le 2 février à Penrhyndeudraeth, au Pays de Galles, à quatre-vingt-dix-sept ans.

Œuvres essentielles § 02 — par où commencer

Histoire de la philosophie occidentale (1945) — Le meilleur point d'entrée : son best-seller le plus accessible, panorama vivant de toute la pensée occidentale.
Pourquoi je ne suis pas chrétien (1927) — Son essai le plus retentissant, attaque frontale contre la religion organisée.
Les Problèmes de la philosophie (1912) — Une introduction accessible aux grandes questions philosophiques.
La Connaissance humaine (1948) — Sa dernière grande contribution majeure à la philosophie proprement dite.

Apport § 03 — ce qu'il a changé

Troisième philosophe de l'histoire à recevoir le prix Nobel de littérature après Rudolf Eucken et Henri Bergson, Russell s'impose d'abord comme une figure fondatrice du mouvement analytique en philosophie anglo-américaine, ses contributions pionnières à la logique et aux mathématiques établissant les bases d'une révolution intellectuelle qui influencera durablement toute la philosophie du XXe siècle. Mais son influence dépasse largement le cercle académique : par une prose d'une clarté remarquable, il rend accessibles à un très large public des idées philosophiques complexes, tout en s'imposant comme un critique acerbe et infatigable de la religion organisée et un défenseur constant de la liberté de pensée et des idéaux humanitaires. Son parcours entier est marqué par un engagement civique jamais démenti, du pacifisme qui lui vaut l'emprisonnement durant la Première Guerre mondiale jusqu'à ses campagnes tardives contre l'armement nucléaire et l'engagement américain au Vietnam, faisant de lui l'un des intellectuels publics les plus influents et les plus controversés de son siècle.

Style § 04 — à quoi s'attendre

Une prose d'une clarté et d'une légèreté remarquables, souvent teintée d'humour, qui a permis à un vaste public de lecteurs de découvrir la science et la philosophie sans jamais sacrifier la rigueur intellectuelle sur l'autel de la vulgarisation. Cette écriture, saluée par le jury du Nobel comme les « écrits variés et significatifs » d'un défenseur constant des idéaux humanitaires, aborde avec la même exigence les questions les plus techniques de la logique mathématique et les débats les plus brûlants de son temps sur la religion, la morale et la politique. Pour un premier contact, Histoire de la philosophie occidentale offre l'entrée la plus large et la plus accessible à l'ensemble de sa pensée ; Pourquoi je ne suis pas chrétien permet d'aborder directement la dimension la plus polémique de son œuvre.